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Wednesday, 16 October 2013

Everything is Connected -- PBS podcast, TED video

Roy Taylor of Quaker Earthcare Witness tells us that this PBS/TED series is excellent. Available either as podcast with eco-music, or TED video, Everything is Connected has four 12 minute  segments:
  1. "Can 'Rewilding' Restore Vanishing Ecosystems?" George Monbiot summarizes his new book Feral: Rewilding the Land, the Sea and Human Life (2013). See his video below.
  2. "What Lessons Came Out Of Biosphere 2?" Jane Poynter tells her story of living for two years in Biosphere 2, a hermetically sealed environment in Arizona. Is this where climate change will take us?
  3. "How Does Listening To Nature Teach Us About Changing Habitats?"Bernie Krause talks to us about the sounds of nature and loss of those sounds mostly because of human activity and encroachment into habitat. (This is a fascinating story, similar to Jim Kessler's comparison of the sounds that he hears in his restored savannah and the GMO corn field across the street. He and Roy are working on their own podcast, to be posted to the QEW website.)
  4. "Why Are Bees Disappearing?" University of Minnesota professor of entomology Marla Spivak explains that bees pollinate a third of our food supply, but colonies have been disappearing at alarming rates due to a combination of parasites, infections, and exposure to pesticides and herbicides. How will the world eat if bees disappear? She has some solutions.
Roy writes, "Montbiot's story is about the reintroduction of wolves into Yellowstone Park after they had been missing for 70 years and how that one act changed everything. It changed the habits of the deer and they moved to different areas of the park to graze. This set off a chain of events, the regrowing of trees, beavers eating trees and building dams that created ponds where other wildlife flourished."

"What a great metaphor for the work of QEW. Everything is connected. Find that one thing that is ours and make that change. What if we could be the wolves? What if our behavior, our actions, our presence, could set off a chain of events that would create cascading change in our world? Instead of thinking only about our individual lives, what might we be working together, for changes of behavior that would open the way to restorative happenings?"

Further comments: Carol Barta heard Peter Brown, co-author of Right Relationship, at The Land Institute's Prairie Fest (CD's are available). Bill Holcombe praises Katy Tippet's podcasts with  environmental acoustics biologists and artists. Mary Gilbert cites Teaching the Trees: Lessons from the Forest and the Japanese eco-practice of forest bathing. Jim Kessler writes, "Experiences in nature, in my personal relationship with Jesus Christ, and with my faith community fill and enrich my days...  help me to grow in my love of God, His Creation, and others.... I need to always have the attitude and humility of a child to really appreciate God's blessings." Bill Cahalan tells us to look at the EcoTipping Points project.

Tuesday, 22 June 2010

Fièvre d'essaimage, mai 2010 -- par Noëlle De Roo Lemos


Après cinq ou six semaines de froidure, le temps s'est finalement mis au beau. Nous sommes à la mi-mai. Du côté de l'étang, bernaches, becs scie, oiseaux migrateurs, tout un petit monde ailé s'agite autour des nids et des nichoirs. Plus près de la maison, les pommiers achèvent leur floraison. Pour un temps, à partir de maintenant, les fleurs vont se raréfier et, d'ici la prochaine miellée (production de miel allant de pair avec une importante floraison), les abeilles vont devoir se rabattre sur leurs réserves.

photos N. Lemos
Un bourdonnement inhabituel et une nuée d'abeilles faisant du sur-place devant les plateaux d'envol annoncent le début de la saison des essaimages.

On dit qu'il y a essaimage quand une colonie se divise en deux populations distinctes. D'un côté, l'essaim qui, aussitôt constitué, s'envole et se met généralement en grappe. De l'autre, les abeilles qui restent dans la ruche mère. On attribue le plus souvent ce phénomène à des conditions de congestion à l'intérieur de cette dernière. Nous aurions probablement pu l'éviter si les vérifications d'usage, les jours précédents, avaient pu être faites. La perte d'un essaim, dans la mesure où elle entraîne une diminution importante du nombre des butineuses, peut en effet sérieusement affecter la production de miel. Mais le froid des semaines précédentes a empêché toute visite.

Ruches à gauche, en contrebas de la maison
Présentement deux ruches sont en pleine révolution. Une fièvre les a saisies qui s'empare de nous également. Sans un mot et d'un commun accord, Pedro et moi sommes déjà en train de tout mettre en oeuvre pour les capturer. Qu'est-ce qui nous motive? Bien plus que des considérations techniques (pas même celle, comme il a été de tradition chez des générations d'apiculteurs, de vouloir augmenter le nombre de nos ruches), c'est un je ne sais quoi d'excitant, de motivant, qui nous pousse à agir ainsi. Nous sommes là, en plein milieu d'une nuée d'abeilles qui, bercée par le vent, oscille tantôt à droite, tantôt à gauche, tantôt droit sur nous. Une sorte d'atavisme nous entraîne à l'action.
Grappe avant l'envol
Pour s'emparer d'un essaim il faut savoir que ce dernier, après être resté un certain temps à faire du sur-place devant sa ruche, au moment de quitter, ne va jamais très loin. Les abeilles se rassemblent en grappe, à proximité, jusqu'à ce que les éclaireuses trouvent l'abri idéal, tronc d'arbre évidé ou autre, pour les accueillir. C'est à ce moment-là que l'apiculteur a quelques chances de les capturer. Il importe également de se dire qu'on n'est jamais en possession d'un essaim tant que la reine elle même nous échappe.

Essaim pénétrant dans la hausse
Posé en grappe tout en haut d'un tronc d'aubépine, le premier essaim a commencé, dans un premier temps, par accepter la ruchette mise à sa disposition en haut d'une échelle.

Pedro l'apiculteur heureux
À notre grande satisfaction, une longue procession d'abeilles a commencé à s'y introduire. Mais alors que nous croyions la partie gagnée, la fièvre les a reprises et, à nouveau, ce fut le départ. Pour le principe, nous avons encore un peu couru après elles mais cette fois-ci, elles nous ont quittés à jamais. La ruchette était-elle trop petite pour cette imposante grappe d'abeilles?

Pas de temps pour des regrets, cependant, car le second essaim exige présentement de notre part une intervention immédiate. Et cette fois-ci, cela se présente mieux, à la fourche d'une branche au bas d'un pommier. Une hausse à terre, un coup sec pour secouer la branche et voilà le gros de la grappe qui tombe à l'intérieur. La lente procession du restant des abeilles vers le nouvel habitacle signifie que la reine est déjà dedans. Nous pouvons commencer à respirer et, beaucoup plus tard, une fois les abeilles calmées elles aussi, nous les transportons dans le rucher à côté des autres colonies.

Les essaims sont de formidables producteurs de cire. Ils ont avec eux un très grand nombre d'abeilles "cirières" capables de construire des rayons en un temps record. En milieu sauvage, ce travail fournit à la reine des alvéoles lui permettant de pondre aussitôt et aux ouvrières de l'espace pour emmagasiner le miel. Grâce à cela, l'essaim a la possibilité de renouveler sa population avant que les abeilles arrivées avec la reine ne meurent. Cette capacité à faire rapidement de la cire peut être mise à profit par l'apiculteur qui a capturé des essaims pour lui permettre de reconstituer son stock de cadres. Notre matériel de réserve étant au plus bas en ce début de saison, ce succès remporté auprès du second essaim vient à point nommé.

Toutes ces courses de droite et de gauche, toutes ces acrobaties ont finalement eu une raison d'être technique.
*****
Voir aussi Louis-Gilles Francoeur au Devoir 29 mai 2010 "Est-ce la fin des abeilles? L'agriculture menace un insecte dont elle a pourtant besoin"

Wednesday, 7 April 2010

Le nourrissement de printemps - Journal d'une apicultrice -- par Noëlle De Roo Lemos

Grand bec scie femelle toute mignonne avec sa petite houppe rousse savamment décoiffée
Fin de semaine de Pâques, il fait beaucoup trop chaud (29°C à l'ombre). Si cela continue ainsi et que le gel se réinstalle, la floraison de printemps est compromise. Et qui dit floraison compromise dit miellée (récolte de nectar et de miel) menacée. Ce fut le cas l'an dernier, pour une bonne partie de la saison d'été d'ailleurs. Par contre, on va pouvoir ouvrir les ruches aujourd'hui et s'assurer que tout va bien (ne jamais le faire si la température est inférieure à 15°C). Vue du dehors, l'activité des ruches est excellente depuis plusieurs jours.

Mais quelles surprises nous réserve l'intérieur après tous ces mois d'hiver? Une à une, celles-ci doivent être soigneusement inspectées: la reine pond-elle de façon régulière et satisfaisante? y a t-il des réserves de pollen et de miel suffisantes pour faire face aux besoins en ce début de saison? des maladies se sont-elles installées? C'est que nous allons voir.
vieux cadre: courtoisie de beeanonymous
Nous profiterons également de ces manipulations pour enlever les vieux cadres dont la cire, presque noire, peut être une source de problèmes (entre autres de maladies). Nous les remplacerons par des cadres neufs.

Bon, tout s'est bien passé. Les abeilles sont en forme. Les informations recueillies sont soigneusement retranscrites dans un petit cahier et nous serviront pour la prochaine visite. Il ne nous reste plus, à présent, qu'à les nourrir.
Le nourrissement: photo Lemos
Or c'est la première fois, depuis nos débuts en apiculture, que nous prenons une telle décision. Étant donné un début de saison hors normes (chaleurs nettement prématurées) nous cherchons ainsi à nous assurer qu'elles tiendront jusqu''à ce que les fleurs fassent leur apparition. Nous préparons à cet effet un sirop qui consiste en un mélange sucre/eau, dans une proportion un tiers/deux tiers, que nous distribuons dans des flacons d'à peu près un litre. Cette opération pourra être répétée deux fois par semaine tant que le besoin se fera sentir. C'est ce qu'on appelle le "nourrissement" de printemps.

Voilà pour les abeilles. Et que se passe-t-il du côté de l'étang en contrebas? Et bien, il semble que des bernaches aient déjà fait leur nid. La femelle n'a pas encore pondu, mais les ébats auxquels nous assistons nous font croire que c'est pour bientôt. Les voilà qui pourchassent un couple de passage qui menace leur territoire. La femelle se joint au mâle dans ces tentatives, réussies d'ailleurs, d'intimidation.
Bec scie couronné mâle
On voit également des canards se promener par groupes de trois, une femelle pour deux mâles. Ce sont trois colverts et trois Harles couronnés (également Becs scie couronné ou Lophodyte cucullatus) qui ont récemment fait leur apparition. Un couple de Grands harles (Grand bec-scie ou Mergus merganser) a, pour sa part, déjà fait son choix parmi les nichoirs que Pedro a installés. La pariade bat son plein.

Et des coyotes hurlent la nuit avec une telle intensité (au point de nous réveiller) qu'on en déduit que le temps des amours a bien commencé de ce côté là également. La nature, dans son ensemble, semble s'être donné le mot pour se faire belle et intéressante.

Friday, 2 April 2010

Mais où donc se cache le pollen? Journal d'une apicultrice -- par Noëlle De Roo Lemos

Mi-Mars. Le temps s'est considérablement radouci et la neige autour des ruches est presque entièrement disparue. Pedro et moi vaquons en toute tranquillité à divers travaux printaniers autour de la maison tandis que de nouveaux arrivants s'ébattent bruyamment, en contrebas, du côté de l'étang.

Ce sont des bernaches (Branta canadensis) qui viennent d'arriver de leurs quartiers d'hiver dans le Sud. Comme à chaque année, elles viennent nicher chez nous. En ce moment même, le mâle pourchasse à grands cris un groupe de congénères qui cherche à s'approprier le territoire tandis que la femelle assiste, tranquille en apparence. Manoeuvres d'intimidation, coups de bec et voilà les envahisseurs en déroute.
Harle huppé mâle
Un Harle huppé (aussi appelé Bec scie à poitrine rousse ou Mergus serrator) de même qu'un couple de colverts (malards ou Anas platyrhynchos) se sont également pointés. Mais ils n'ont fait qu’un tour et probablement reviendront-ils plus tard. Pour qui vit en pleine zone de nidification les surprises sont constantes.
Colvert
La nature, en plein éveil, fait fi des calendriers. Tout comme les abeilles qui célèbrent le printemps depuis une dizaine de jours déjà. Justement, il est grand temps d'aller leur rendre visite. Comme de raison elles rentrent et sortent des ruches dans un vrombissement perpétuel. Je ne puis m'empêcher d'aller regarder d'un peu plus près le plateau d'envol mais... se peut-il que, dans ce foisonnement étourdissant d'allées et de venues, elles soient déjà en train de rentrer du pollen? Malgré la température clémente, cela me paraît nettement prématuré.

On dit du pollen que c'est le steak des abeilles.Riche en protéines, il va servir à l'alimentation des larves qui en dépendent pour leur développement. Grâce à un appétit féroce elles deviendront, en près de trois semaines, de jeunes et vigoureuses abeilles. Le pollen consiste en des petits grains, collectés sur les étamines des certaines fleurs, que les butineuses emmagasinent dans des petits sacs, ou pelotes, situés sur leurs pattes postérieures. Alors, pas de doute, c'est bien du pollen qu'elles traînent avec elles à l'intérieur de la ruche.
Abeille transportant du pollen
Comme pour les oies, comme pour les canards, nous sommes incontestablement en avance cette année. Cela veut dire que les reines se préparent à pondre ou, même, qu'elles ont déjà commencé à le faire. Cela veut dire encore que la vie de ces courageuses et infatigables petites ouvrières qui butinent en ce moment afin d'assurer la relève va bientôt prendre fin. Elles auront traversé tout l'hiver et permis à leurs reines de rester bien au chaud, une existence exceptionnellement longue si l'on considère que la durée de vie d'une abeille, en temps normal, n’est que de cinq à six semaines. Leur temps achève. Une jeune génération s'apprête indubitablement à reprendre le flambeau.

Mais où donc se cache le pollen? Il faut absolument découvrir d'où provient cette manne. À deux, nous partons faire le tour des saules, l'une des premières sources dans notre coin, des noisetiers et des érables, autres sources généreuses. Le résultat est peu probant. Les aulnes, peut être? Mais non, malgré des bourgeons bien apparents, le pollen n'est pas au rendez-vous. Notre promenade se poursuit au delà des nos frontières et bientôt nous frappons à la porte de nos voisins. Tous, Fabienne, Georges ou Ghislaine partagent fraternellement notre interrogation. Ils sont cependant incapables de nous venir en aide. Où est le pollen? Probablement dans des recoins protégés au micro-climat plus avantageux. Nos abeilles, grâce à leurs ailes, peuvent facilement parcourir deux, trois kilomètres. Nos jambes, elles, n'en feront pas autant aujourd’hui. Nous décidons de rentrer, bredouilles peut-être, mais heureux.
*****
Vidéos: la migration des bernaches nonnettes, de Dieppe vers le Groenland, tirée du film de Jacques Perrin Le peuple migrateur / Winged Migration. Voir aussi la magnifique sequence du début, tourné d'une hélicoptère, du nouveau film/DVD de Sylvie van Brabant, Visionnaires planétaires, où les oies blanches passent le fleuve Saint-Laurent en migration vers l'arctique.

Sunday, 14 March 2010

Why we winter our bees outside -- by Noëlle De Roo Lemos (Madame Miel)

First week of March. Temperatures are rising, snow starts to melt. Maybe today our bees will feel like getting out of their winter semi-lethargy to savour the open air.

As I told you previously, our colonies winter outside, carefully wrapped for protection. This technique, unlike the rest of Canada, is somehow not too popular in Quebec.. But it works for them, and for us. First of all, leaving the bees outside is practically time and cost free. No need to transport them inside, no need for investments in ventilation and refrigeration. Secondly, their spring development is quicker. As daylight increases, queen bees start laying eggs sooner. And we think wintering outside makes them generally stronger. We like them to venture out, sun and weather permitting, to cleanse their guts. The snow around the hives is sprinkled with little yellow dots. Bee poop. It's charming, and good for them.
But even if colonies thrive through winter, they may still die before summer. Spring is a crucial time for bees. All sorts of ailments may potentially affect them; they can die from a shortage of honey, from lack of brood due to inefficient or absent queens. This is why, as soon as the temperature rises to 15° C (around 60°F) beekeepers have to check the hive and take quick action.

In early March such actions are premature. It is important however, to allow easy circulation on the bottom board. This is why with a small stick I clean out debris or dead bees that obstruct the entrance. I also slightly lift the winter packings that partially shade them. Let the sun shine in!

As I step backwards to enjoy the scenery, a small bee alights on the zipper of my yellow anorak. She slowly climbs, leaving behind four little yellow droppings. She carefully cleans her back legs before flying away. Absorbed watching my visitor, I hardly noticed that her partners have flocked outside -- in a burst of life! There is excitement in the air. Lilliputian dancers start performing a ballet, to the rhythm of their buzzing song: "The Rite of Spring". My day is made!

Tuesday, 9 March 2010

February, in the honey house -- by Noëlle De Roo Lemos (Madame Miel)

The author, an anthropologist, has done research in Martinique (West Indies), Portugal and Mexico. Later, for approximately two decades, she did environmental assessments in remote areas of Quebec, like the Middle and Lower North Shores and the Nunavik (Northern Quebec), then as a project manager, before retiring. As a hobby, she and her husband have been keeping bees in the region of Montreal for more than thirty years. She promises more stories.
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This weekend I decided to have a look at the honey house. It's February. The bees are sleeping in the beehives outside. They bravely face the cold in the warmth of their cluster. A few are lying dead on the snow. They were unable to resist a little outing on an unusually warm day.

The empty honey house still smells beautifully... of wax and of flower scents from last summer's honey.

Curiously enough, at the very same time, a friend who helped construct our cottage ten years ago, sends me this email: "When revising your plans with the Company, we used your name for the honey extraction room: 'Honey Room'. The men working on the plans had great laughs with us. To them 'honey room' meant a room of love: a boudoir."

Coincidences, words, smells, feelings intertwine -- like this little winter honeymoon in the honey room.
(Please click on picture to see all the details) Photo: N. Lemos