Wednesday, 20 February 2013
Everyday miracles 3: thirsty butterflies -- by Evelyn Yvonne Thériault
Sunday, 6 May 2012
Geoff Garver, JPAC member at Commission for Environmental Cooperation, Montreal.
Wednesday, 7 September 2011
Un orme se meurt -- par Noëlle de Roo Lemos
D'origine hollandaise, Mme Lemos habite Montréal, et élève des abeilles sur sa feme au nord (où se situent ses articles précédents sur abeilles 1, 2, 3, et à propos d'une rivière sux saumons). En anthropologue, elle a publié des recherches sur les dernières potières de Saint-Anne, Martinique. Ce video de 1m40s est une élegie pour un orme mourant dans les Laurentides.
Monday, 5 September 2011
En descendant la Châteauguay -- vidéo par Olivier D. Asselin
Documentaire de 40 min sur l'état de la rivière Châteauguay au sud de Montréal et sur une volonté citoyenne de la sauvegarder. Le film est une production des Amis et Riverains de la Rivière Châteauguay, des Scouts 29e du Châteauguay et du réalisateur Olivier D. Asselin.
Monday, 4 July 2011
Quebec citizens' movement against shale gas
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| Marchers from all across Quebec arrive in Montreal, 18 June: (c) Greenpeace |
A former premier, Lucien Bouchard, now spokesman for the gas lobby, threatens lawsuits and “loss of confidence” by international investors. He is only one of a number of insiders, PQ as well as Liberal, who have taken the revolving door out of government into lucrative positions in the industry. Quebec's Liberal Environment Minister accuses the rapidly growing citizen movement of spreading “falsehoods” (citation in English, en français). But a similar protest movement is mushrooming in France. According to Cornell University's Robert Howarth and Canadian geologist David Hughes of PCI, shale gas -- far from its ballyhoo of “clean” energy -- over its lifecycle is dirtier than coal.
The spin battle pits speculators against citizens. To soothe the market, gas company CEO Michael Binnion avers Quebec's environmental assessment is “more a political and education exercise to ease Quebec into shale gas acceptance than a scientific inquiry.” Exactly what protesters fear. A "shocked" Premier Charest says Binnion's statement has dropped “a match in the powderkeg" of la belle province.
An official Quebec report Dec 2010 found over half of the"fracks" studied are leaking methane -- a greenhouse gas 72 times worse than CO2. Since then, Ministers offer nothing but delays and spin. Le Devoir Jul 20 says the government fears to crack down, lest it find itself, instead of the companies, responsible for a costly and perhaps impossible tech fix.
Thursday, 21 April 2011
Bâtir le pays sacré -- par Diane Noury
Sommes-nous les seuls êtres humains qui se retournent versleur passé ?
Sommes-nous les seuls à penser qu’ils seront peut-être les
derniers ?
Sommes-nous tellement intelligents que nous seuls voyons les
choses aller ?
Sommes-nous tout seuls à aimer la terre comme une mère ?
Je sais que non, j’espère que non.Je cherche l’autre du dehors, celui et celle de l’autre bord.
Je tends la main, je l’ouvre pour donner, pour recevoir, pour
échanger.
Pour être tendre avec la vie qui me porte.
J’aime l’humain, j’honore le vivant.
Et je me lève en ce jour pour marcher droit, le regard fier
Jusqu’à l’horizon d’un jour nouveau que nous allons refaire
Unis
Divers
Je veux me battre contre mes propres peurs et mes inhibitionsEt bâtir le pays sacré qui nous habite tous.
Je veux rejoindre le bien et le beau en tout.
Le voir renaître, grandir, mûrir et rebâtir le monde.
à gauche: cuisine communale à Bécancour

Monday, 18 October 2010
Le chant du réfugié -- par Slim Daouzli
photo: Tanganyika Christian Refugee Service
La Maisonnée de Montréal où travaille Daouzli, fournit de l'aide aux immigrants et aux refugiés. Voir aussi son entrevue par Benjamin Vachet.Je suis parti le feu dans le dos, l’espoir devant moi,
Le cœur meurtri, les yeux enfumés.
Je suis parti les mains déchirées, les pieds dans la boue.
Je suis parti le feu dans le dos, l’espoir devant moi,
La rage dans la tête, le tonnerre dans les oreilles.
Je suis parti la peur dans le ventre, mes frères dans la peau,
La fièvre dans le sang, l’amertume dans la bouche.
Je suis parti le feu dans le dos, l’espoir devant moi.
Mon corps est parti mais mon âme est restée.
Par les mers et les terres sans arrêt j’ai erré,
Espéré, supplié, pour un jour pouvoir arriver.
J’ai, des femmes et enfants sans cesse abordés,
Des vieillards et parents innocents rencontrés
Je suis parti le feu dans le dos, l’espoir devant moi.
Mon corps est parti, mais mon âme est restée.
J’ai couru, marché, sauté, trébuché,
Pour un jour, la liberté pouvoir retrouver,
Pour un jour, aux miens, le goût de vivre redonner,
Et enfin le sourire et la joie pouvoir retrouver.
Je suis parti le feu dans le dos, l’espoir devant moi.
Mon corps est parti, mais mon âme est restée.
Grâce à Dieu, un matin le bateau accosté,
J’ai enfin la liberté retrouvée,
Et l’espoir revenu, j’ai enfin savouré
Ce bonheur espéré, souhaité, mérité.
Je suis arrivé, mais mon cœur est blessé.
Avec des menaces et menottes j’ai été hébergé.
Dans les murs de la liberté j’ai été enfermé.
Le froid du dehors et la glace dans les cœurs
Ont été les témoins de mes premières heures.
Je suis arrivé, mais mon cœur est blessé.
Tous ces gens me regardent étonnés, agacés.
Dérangeant, cet étrange étranger
Qui a oublié ce qu’est le verbe manger,
Et qui a pendant des mois voyagé.
Je suis arrivé, mais mon cœur est blessé.
Je ne sais plus qui je suis, où je suis; je suis dépassé.
J’écoute, je parle, je ne comprends pas, je pleure.
Papiers, dossiers, lois, fonctionnaires, questionnaires.
Mon Dieu, pourquoi tant de méfiance et de misère?
Un drôle de mélange avec mes enfants, mes sœurs.
Mais où sont ma mère, mon soleil, ma maison?
Pourquoi ces ruines, ces guerres, ces larmes, sans raison?
Je suis arrivé, mais mon cœur est blessé.
Ma tête est mélangée, mes os sont froids, mon sang glacé.
Me suis-je trompé de route ou m’a-t-on trompé?
M’est-il interdit de vivre enfin la paix?
La recherche de la terre promise n’est–elle qu’un mirage
Qui naît au milieu des ravages et carnages ?
Je suis arrivé et mon cœur est pansé.
Je suis arrivé et mon trouble a passé.
Ma vie ne s’arrêtera pas; finies mes souffrances.
Le monde me sourit, la vie recommence, ou commence.
Je suis arrivé, et si ma chair est pansée,
Et que me viennent de plus belles pensées,
Mon cœur est auprès ceux qui sont restés,
Qui se battent pour cette chère mais trop chère liberté.
Comme moi ils partiront remplis de colère
Pour enfin retrouver un être cher, une terre,
Un frère, une mère, ou parfois un cimetière.
Comme moi ils feront ce chemin de souffrances
Pour ne plus vivre tant de maltraitance.
Comme moi ils vivront la peur et la douleur
Pour un rêve de bonheur et de douceur.
Voir la version vidéo chantée en 2009 par les gens de Projet Refuge, Montréal; articles dans Relations sur les réfugiés au Québec.
(in English)7 min video of interviews with refugees in Montreal:
Kairoscanada info in English & en français; Kairos vidéos en français sur les travailleurs migrants; CCR info English & français; UNHCR info English & français. Attention: government and paid consultant advice is not reliable; les renseignements officiels du gouvernement et des consultants commerciaux ne sont pas fiables.
Thursday, 14 October 2010
Biking to a renewable society
Cyclo Nord-Sud, Montreal: as part of a model sustainable development and solidarity project, an entire container filled with used bikes was shipped to Haiti in August 2010. More are being collected this weekend by neighbourhood coops in various parts of Montreal. Shipments have also gone to Bolivia, Burkina Faso, Cuba, and Mali.
Bicycles can transform the lives of people in these countries, CNS told the West End Times.They are shared by families, and between families. Children can get to school. Men can find a better job. "Women can save hours of walking to gather wood and water. Three times as fast and three times the load... and it's incredible what they can carry."
As Hawksley Workman sings, "The Happiest Day I Know Is A Tokyo Bicycle" (animation by Chris Hinton of Montreal)
and the never-to-be forgotten chase scene from The Triplets of Belleville.
Tuesday, 17 August 2010
Jeux d'O: la chute Manitou, saumons -- Noëlle de Roos Lemos
The immense Manitou Falls is on the river of the same name on the North Shore of the Saint Lawrence. On the South Shore, the visitors' centre at Petite Rivière, Matane has a view of salmon swimming upstream. Moonrise at Havre St Pierre.
Monday, 19 July 2010
Développer des économies régionales -- Sylvie van Brabant
Extrait du blogue de Sylvie van Brabant, qui montre son film Visionnaires planétaires et répond aux questions des étudiants:
Je ne me souviens pas de toutes les questions mais ça n’arrêtait pas – j’avais à peine le temps de prendre mon souffle. Des questions sur la réalisation du film mais surtout sur l’environnement et les exemples de solutions dans le film. Ils avaient soif d’en savoir plus. Il y a bien sûr eu des questions sur le sujet de l’heure : quand est-ce que je pensais que la grande catastrophe allait arriver. J’ai répondu: ” Je n’ai pas de boule de cristal mais je pense comme Albert Jacquard qui dit : « La conscience du danger va sauver l’humanité. »
Je ne leur ai pas décris un avenir en rose, il y a urgence et il faut agir maintenant. J’ai été claire que chacun d’eux était interpellé à changer leurs comportements, à demander plus à leurs politiciens, à s’impliquer activement dans des causes, des mouvements. C’est leur avenir et celui de leurs enfants qui est en cause. Ils le savent, ils ont peur et ils ont besoin d’être encouragés et motivés. Ils n’attendent que ça et c’est pourquoi je crois qu’il y a eu tellement de questions.
Je représente quelqu’un d’engagé, qui ne lâchera pas, comme les visionnaires du film. Ils voulaient des exemples concrets : comment est-ce que je voyais l’environnement dans 10 ans par exemple. Je leur ai cité John Todd qui dit essentiellement: “Il faut développer des économies régionales, chaque région doit devenir le plus autonome possible”. Avec le prix de l’essence qui va grimper, nous ne pourrons plus recevoir tout de la Chine ou faire voyager nos carottes du maraîcher du Saguenay à Montréal pour ensuite être transporté de Montréal au Saguenay dans les épiceries. Cette façon de faire n’a plus de sens – elle crée des dépenses inutiles en plus de créer des gaz à effet de serre.
Par contre si nos économies seront plus régionales notre savoir lui sera mondial. Nous le voyons déjà avec l’Internet, nous avons accès à de l’information de partout. Nous n’avons plus raison de dire je ne le savais pas – l’information est là, les alternatives sont là. Il faut aller les chercher et les partager.
À la fin de chaque période je leur demandais ce qu’ils faisaient dans leur vie et à l’école pour améliorer la qualité de l’environnement et le bien-être de la société.
À l’école il y a un comité environnement et un comité solidarité. Ils participent à la marche 2/3 de Oxfam. Certains jeunes ont ramassé des fonds pour la campagne pour le cancer du sein en se rasant les cheveux. Il y avait d’ailleurs quelques têtes rasées dans chaque classe. La semaine prochaine ils vont fabriquer des boites de compostage qui sont déjà vendues à des membres de la communauté de Vaudreuil-Dorion. Ils encouragent donc le compostage. Il y a la minute de recyclage. Ils ont fait changer le styromousse à la cafétéria pour du carton recyclé. Ils m’invitent à rencontrer le professeur responsable du comité environnement, Kevin Beaumont, ce que j’ai fait sur l’heure du dîner.
*****
Voir aussi: John Todd ecological design, sa biographie, le projet de mini-central à Trois Pistoles de Mikael Rioux, son site Facebook, écoles verts Brundtland au Québec.
Tuesday, 22 June 2010
Fièvre d'essaimage, mai 2010 -- par Noëlle De Roo Lemos
Après cinq ou six semaines de froidure, le temps s'est finalement mis au beau. Nous sommes à la mi-mai. Du côté de l'étang, bernaches, becs scie, oiseaux migrateurs, tout un petit monde ailé s'agite autour des nids et des nichoirs. Plus près de la maison, les pommiers achèvent leur floraison. Pour un temps, à partir de maintenant, les fleurs vont se raréfier et, d'ici la prochaine miellée (production de miel allant de pair avec une importante floraison), les abeilles vont devoir se rabattre sur leurs réserves.
photos N. Lemos
Un bourdonnement inhabituel et une nuée d'abeilles faisant du sur-place devant les plateaux d'envol annoncent le début de la saison des essaimages.On dit qu'il y a essaimage quand une colonie se divise en deux populations distinctes. D'un côté, l'essaim qui, aussitôt constitué, s'envole et se met généralement en grappe. De l'autre, les abeilles qui restent dans la ruche mère. On attribue le plus souvent ce phénomène à des conditions de congestion à l'intérieur de cette dernière. Nous aurions probablement pu l'éviter si les vérifications d'usage, les jours précédents, avaient pu être faites. La perte d'un essaim, dans la mesure où elle entraîne une diminution importante du nombre des butineuses, peut en effet sérieusement affecter la production de miel. Mais le froid des semaines précédentes a empêché toute visite.
Présentement deux ruches sont en pleine révolution. Une fièvre les a saisies qui s'empare de nous également. Sans un mot et d'un commun accord, Pedro et moi sommes déjà en train de tout mettre en oeuvre pour les capturer. Qu'est-ce qui nous motive? Bien plus que des considérations techniques (pas même celle, comme il a été de tradition chez des générations d'apiculteurs, de vouloir augmenter le nombre de nos ruches), c'est un je ne sais quoi d'excitant, de motivant, qui nous pousse à agir ainsi. Nous sommes là, en plein milieu d'une nuée d'abeilles qui, bercée par le vent, oscille tantôt à droite, tantôt à gauche, tantôt droit sur nous. Une sorte d'atavisme nous entraîne à l'action.
Pour s'emparer d'un essaim il faut savoir que ce dernier, après être resté un certain temps à faire du sur-place devant sa ruche, au moment de quitter, ne va jamais très loin. Les abeilles se rassemblent en grappe, à proximité, jusqu'à ce que les éclaireuses trouvent l'abri idéal, tronc d'arbre évidé ou autre, pour les accueillir. C'est à ce moment-là que l'apiculteur a quelques chances de les capturer. Il importe également de se dire qu'on n'est jamais en possession d'un essaim tant que la reine elle même nous échappe.
Posé en grappe tout en haut d'un tronc d'aubépine, le premier essaim a commencé, dans un premier temps, par accepter la ruchette mise à sa disposition en haut d'une échelle.Pedro l'apiculteur heureux
À notre grande satisfaction, une longue procession d'abeilles a commencé à s'y introduire. Mais alors que nous croyions la partie gagnée, la fièvre les a reprises et, à nouveau, ce fut le départ. Pour le principe, nous avons encore un peu couru après elles mais cette fois-ci, elles nous ont quittés à jamais. La ruchette était-elle trop petite pour cette imposante grappe d'abeilles?Wednesday, 7 April 2010
Le nourrissement de printemps - Journal d'une apicultrice -- par Noëlle De Roo Lemos
Fin de semaine de Pâques, il fait beaucoup trop chaud (29°C à l'ombre). Si cela continue ainsi et que le gel se réinstalle, la floraison de printemps est compromise. Et qui dit floraison compromise dit miellée (récolte de nectar et de miel) menacée. Ce fut le cas l'an dernier, pour une bonne partie de la saison d'été d'ailleurs. Par contre, on va pouvoir ouvrir les ruches aujourd'hui et s'assurer que tout va bien (ne jamais le faire si la température est inférieure à 15°C). Vue du dehors, l'activité des ruches est excellente depuis plusieurs jours.
Nous profiterons également de ces manipulations pour enlever les vieux cadres dont la cire, presque noire, peut être une source de problèmes (entre autres de maladies). Nous les remplacerons par des cadres neufs.Voilà pour les abeilles. Et que se passe-t-il du côté de l'étang en contrebas? Et bien, il semble que des bernaches aient déjà fait leur nid. La femelle n'a pas encore pondu, mais les ébats auxquels nous assistons nous font croire que c'est pour bientôt. Les voilà qui pourchassent un couple de passage qui menace leur territoire. La femelle se joint au mâle dans ces tentatives, réussies d'ailleurs, d'intimidation.
On voit également des canards se promener par groupes de trois, une femelle pour deux mâles. Ce sont trois colverts et trois Harles couronnés (également Becs scie couronné ou Lophodyte cucullatus) qui ont récemment fait leur apparition. Un couple de Grands harles (Grand bec-scie ou Mergus merganser) a, pour sa part, déjà fait son choix parmi les nichoirs que Pedro a installés. La pariade bat son plein.
Et des coyotes hurlent la nuit avec une telle intensité (au point de nous réveiller) qu'on en déduit que le temps des amours a bien commencé de ce côté là également. La nature, dans son ensemble, semble s'être donné le mot pour se faire belle et intéressante.
Friday, 2 April 2010
Mais où donc se cache le pollen? Journal d'une apicultrice -- par Noëlle De Roo Lemos
Ce sont des bernaches (Branta canadensis) qui viennent d'arriver de leurs quartiers d'hiver dans le Sud. Comme à chaque année, elles viennent nicher chez nous. En ce moment même, le mâle pourchasse à grands cris un groupe de congénères qui cherche à s'approprier le territoire tandis que la femelle assiste, tranquille en apparence. Manoeuvres d'intimidation, coups de bec et voilà les envahisseurs en déroute.
Un Harle huppé (aussi appelé Bec scie à poitrine rousse ou Mergus serrator) de même qu'un couple de colverts (malards ou Anas platyrhynchos) se sont également pointés. Mais ils n'ont fait qu’un tour et probablement reviendront-ils plus tard. Pour qui vit en pleine zone de nidification les surprises sont constantes.Colvert
La nature, en plein éveil, fait fi des calendriers. Tout comme les abeilles qui célèbrent le printemps depuis une dizaine de jours déjà. Justement, il est grand temps d'aller leur rendre visite. Comme de raison elles rentrent et sortent des ruches dans un vrombissement perpétuel. Je ne puis m'empêcher d'aller regarder d'un peu plus près le plateau d'envol mais... se peut-il que, dans ce foisonnement étourdissant d'allées et de venues, elles soient déjà en train de rentrer du pollen? Malgré la température clémente, cela me paraît nettement prématuré.On dit du pollen que c'est le steak des abeilles.Riche en protéines, il va servir à l'alimentation des larves qui en dépendent pour leur développement. Grâce à un appétit féroce elles deviendront, en près de trois semaines, de jeunes et vigoureuses abeilles. Le pollen consiste en des petits grains, collectés sur les étamines des certaines fleurs, que les butineuses emmagasinent dans des petits sacs, ou pelotes, situés sur leurs pattes postérieures. Alors, pas de doute, c'est bien du pollen qu'elles traînent avec elles à l'intérieur de la ruche.
Abeille transportant du pollen
Comme pour les oies, comme pour les canards, nous sommes incontestablement en avance cette année. Cela veut dire que les reines se préparent à pondre ou, même, qu'elles ont déjà commencé à le faire. Cela veut dire encore que la vie de ces courageuses et infatigables petites ouvrières qui butinent en ce moment afin d'assurer la relève va bientôt prendre fin. Elles auront traversé tout l'hiver et permis à leurs reines de rester bien au chaud, une existence exceptionnellement longue si l'on considère que la durée de vie d'une abeille, en temps normal, n’est que de cinq à six semaines. Leur temps achève. Une jeune génération s'apprête indubitablement à reprendre le flambeau.Mais où donc se cache le pollen? Il faut absolument découvrir d'où provient cette manne. À deux, nous partons faire le tour des saules, l'une des premières sources dans notre coin, des noisetiers et des érables, autres sources généreuses. Le résultat est peu probant. Les aulnes, peut être? Mais non, malgré des bourgeons bien apparents, le pollen n'est pas au rendez-vous. Notre promenade se poursuit au delà des nos frontières et bientôt nous frappons à la porte de nos voisins. Tous, Fabienne, Georges ou Ghislaine partagent fraternellement notre interrogation. Ils sont cependant incapables de nous venir en aide. Où est le pollen? Probablement dans des recoins protégés au micro-climat plus avantageux. Nos abeilles, grâce à leurs ailes, peuvent facilement parcourir deux, trois kilomètres. Nos jambes, elles, n'en feront pas autant aujourd’hui. Nous décidons de rentrer, bredouilles peut-être, mais heureux.
Sunday, 28 March 2010
The Waters of March in Quebec and Brazil -- by Mary Soderstrom, Tom Jobim & Elis Regina
13 March: Once upon a time this stream ran down the north side of Mount Royal to pool in Outremont, forming bogs which have since been transformed into Outremont and Saint Viateur parks. Now it runs through concrete pipe for some of its route, but in places it still sees the light of day. The photo was taken in Mount Royal cemetery where it is allowed to meander a bit. This morning, despite temperatures below freezing, there was no ice on it as it burbled away. More signs of spring.
16 March: Snowdrops in the front yard. When these started to show their heads a week ago, I was delighted to see that they've spread. Another triumph of Darwinian gardening! (That is: what will grow, will grow. Won't won't, we won't worry about.)3 March: The first time I heard the excellent song "The Waters of March" by Tom Jobim, the rushing streams of spring were what I thought of, but now I realize that the waters referred to are really the fall rains after the Brazilian summer. Peu importe, as they say around here. It's a great song and very appropriate.
[Sung by Elis Regina (1945-82) -- nicknamed "furacão" ("hurricane") and "pimentinha" ("little pepper") -- Brazil's equivalent of Billie Holiday. Jobim's musical structure echoes the downward flow of drops, streams, gathering into rivers: the end of a season or a life, and the promise of renewal. - Ed.]
Lyrics
| Águas de Março É pau, é pedra, é o fim do caminho É um resto de toco, é um pouco sozinho É um caco de vidro, é a vida, é o sol É a noite, é a morte, é o laço, é o anzol É peroba do campo, é o nó da madeira Caingá candeia, é o matita-pereira É madeira de vento, tombo da ribanceira É o mistério profundo, é o queira ou não queira É o vento ventando, é o fim da ladeira É a viga, é o vão, festa da cumeeira É a chuva chovendo, é conversa ribeira Das águas de março, é o fim da canseira É o pé, é o chão, é a marcha estradeira Passarinho na mão, pedra de atiradeira É uma ave no céu, é uma ave no chão É um regato, é uma fonte, é um pedaço de pão É o fundo do poço, é o fim do caminho No rosto o desgosto, é um pouco sozinho É um estrepe, é um prego, é uma ponta, é um ponto É um pingo pingando, é uma conta, é um conto É um peixe, é um gesto, é uma prata brilhando É a luz da manhã, é o tijolo chegando É a lenha, é o dia, é o fim da picada É a garrafa de cana, o estilhaço na estrada É o projeto da casa, é o corpo na cama É o carro enguiçado, é a lama, é a lama É um passo, é uma ponte, é um sapo, é uma rã É um resto de mato, na luz da manhã São as águas de março fechando o verão É a promessa de vida no teu coração É uma cobra, é um pau, é João, é José É um espinho na mão, é um corte no pé São as águas de março fechando o verão, É a promessa de vida no teu coração É pau, é pedra, é o fim do caminho É um resto de toco, é um pouco sozinho São as águas de março fechando o verão, É a promessa de vida no teu coração É um passo, é uma ponte, é um sapo, é uma rã É um belo horizonte, é uma febre terçã São as águas de março fechando o verão É a promessa de vida no teu coração pau, pedra, fim do caminho resto de toco, pouco sozinho (bis) São as águas de março fechando o verão É a promessa de vida no teu coração. | The Waters of March A stick, a stone, It's the end of the road, It's the rest of a stump, It's a little alone It's a sliver of glass, It is life, it's the sun, It is night, it is death, It's a trap, it's a gun A pink plank of peroba A knot in the wood, A fox in the brush, The song of a thrush The wood of the wind, A cliff, a fall, A mysterious yearning Or nothing at all It's the wind blowing free, It's the end of the slope, It's a beam, it's a void, It's a hunch, it's a hope And the rain rains down And the river bank talks Of the promise of Spring Of the joy in your heart. The foot, the ground, The flesh and the bone, The beat of the road, A slingshot's stone. It's a bird in the sky It's a bird in the bush It's a buy, it's a gush. It's a morsel of bread. The bed of the well, The end of the line, Dismay in the face, At a little pain. A spear, a spike, A point, a nail, A drip, a drop, A story, a tale It`s a fish, it's a flash In the soft shining light, A truckload of bricks At the end of the night. It's a league, it's a day The end of a bite, It's a bottle of booze And a thorn in the foot. The plan of a house, A body in bed, And the car that got stuck In the mud, it's the mud. It's a step, it's a road, It's a frog, it's a toad, It's a bit of weed left In the morning light. And the waters of March Say the summer's end, Of the promise of life Of the joy in your heart. A snake, a stick, It is John, it is Joe, It's a thorn in your hand and a cut in your toe And the waters of March Say the summer's end, Of the promise of life Of the joy in your heart. It's a stick, it's a stone, It's the end of the line What remains of a touch, Of a little pain. And the waters of March Say the summer's end, Of the promise of life Of the joy in your heart. It's a step, it's a road, It's a frog, it's a toad, It's a sky clearing, It's a fever breaking. And the waters of March Say the summer's end, Of the promise of life Of the joy in your heart. Stick, stone, End of the line, Remains of a touch, A little pain. (Repeat) And the waters of March Say the summer's end, Of the promise of life Of the joy in your heart. |
Thursday, 25 March 2010
Un projet qui n'a rien de vert -- par Lucie Sauvé et Pierre J. Hamel
Aux États-Unis, l’expérience négative de l’exploitation des gaz de schistes a mené entre autres à la cessation des opérations dans une partie de son territoire de l’une des plus grandes compagnies d’extraction de ce type de gaz, Chesapeake. (Marcellus shale gas drilling in PA: Jason Cohn photo and article in Planet Ark 2 Sep 09)Alors qu'il existe des filières plus prometteuses, le gouvernement du Québec a fait le choix de lancer le vaste chantier économique de l'exploitation des gaz de schistes dans la vallée du Saint-Laurent. Près de 600 permis d'exploration ont déjà été octroyés et d'autres seraient bientôt accordés à des compagnies étrangères et canadiennes pour forer dans les terres agricoles du Québec.
Le processus n'a rien de démocratique. Les municipalités sont privées de décision quant à l'aménagement de leur territoire: les projets sont imposés. Dans les meilleurs cas, les citoyens sont informés de l'imminence d'un chantier; quand la nouvelle leur parvient, il trop tard pour réagir. Lois et règlements empêchent tout processus de démocratie participative et représentative.
Le Québec, terre d'Avatar?
Les contrats de location des terrains de forage ont été signés en catimini entre des propriétaires privés et les entreprises d'exploitation, alors qu'il ne s'agit certes pas d'une affaire privée mais bien d'une affaire publique par excellence, qui concerne toute une communauté, une municipalité, une région, les citoyens de la province entière. À l'instar de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), les MRC de six régions ont bien compris l'ampleur de la problématique et ont demandé un moratoire sur la mise en oeuvre des chantiers. Les avez-vous entendus?
Tourner la page
Le choix de développer la filière des gaz de schistes n'a rien à voir avec ce «développement durable» dont le gouvernement du Québec se dit si fier. Cela est inacceptable dans un contexte d'«après-Copenhague» où la communauté internationale (outre certains dinosaures avides et récalcitrants) se mobilise pour réduire la production de gaz à effet de serre.
Monsieur le Premier Ministre Jean Charest, vous vous êtes montré dans les médias comme une figure de proue de la réduction des émissions de tels gaz. Comment pouvez-vous alors justifier le choix de la filière des gaz de schistes, en cette époque où l'on doit se tourner vers l'alternative énergétique? L'époque de la pétroculture, celle des hydrocarbures, est révolue. Il faut tourner la page, de manière responsable. Certes, faisant fi des problèmes liés à son exploration et à son exploitation, les compagnies gazières argumentent que le gaz naturel est moins polluant que le mazout, qu'il permettra une économie d'importation et fournira une ressource exportable. Ces raisons permettent d'endormir «au gaz» une population «rassurée» par des promesses de prospérité à court et moyen termes et de fausses garanties d'un certain «développement durable». Simplistes, celles-ci ne résistent pas à l'analyse globale.
Effets négatifs
On connaît les problèmes socio-écologiques et les risques soulevés par l'exploitation gazière: l'usage et la pollution (métaux lourds, produits chimiques) d'une quantité faramineuse d'eau prélevée dans les cours d'eau avoisinants, ou possiblement à même les aqueducs municipaux, l'utilisation des usines d'assainissement des eaux non conçues à cet effet, la pollution de l'air, la dégradation des paysages, la possibilité d'odeurs soufrées et de contamination liée aux émanations (le sulfure d'hydrogène peut être mortel), le bruit (forage, camionnage, combustion du gaz à l'air libre), le risque d'explosion, la dévaluation des propriétés et la perte de qualité de vie des résidants sacrifiée sur l'autel d'un «développement économique» qui profitera d'abord aux compagnies étrangères et canadiennes, plutôt qu'à la société québécoise.
Aux États-Unis, dans l'État de New York, l'expérience négative a mené entre autres à la cessation des opérations dans une partie de son territoire de l'une des plus grandes compagnies d'extraction de gaz de schistes, Chesapeake.
Mais au-delà de ces inquiétudes locales et régionales se pose de façon aiguë la question des choix énergétiques au Québec, dans un projet de développement économique «durable». Rien de durable ici: la plupart des puits ont une durée de vie limitée (tous seront épuisés à plus long terme), l'environnement sera dégradé, la sécurité et la santé des populations seront mises à risque, les emplois créés seront temporaires et généralement offerts à une main-d'oeuvre spécialisée qui n'est pas locale. Et quant à la dimension économique de cette filière gazière, on est en droit de se demander: à qui profitera tout cela?
Pourquoi allouer quatre millions de dollars et geler les redevances pour cinq ans sans réglementation adéquate, et surtout sans aucune consultation du public, voire des municipalités et MRC concernées? Pourquoi soutenir un usage industriel qui risque d'entrer en conflit avec l'agriculture et avec la nécessité de réduire les gaz à effet de serre? Pourquoi soutenir un développement énergétique qui va à l'encontre des objectifs de plusieurs politiques et programmes qui, eux, ont fait l'objet de consultations publiques?
Géothermie
Les innovations et l'énergie verte sont importantes pour le Québec: les filières et réseaux de production et de distribution alternatives sont connus; les modes d'utilisation responsable également. Le gouvernement s'est déjà engagé — de façon encore trop timide — dans certaines de ces filières. Un développement responsable de l'énergie implique que certaines avenues soient rejetées pour favoriser l'émergence de celles qui sont les plus «durables». Non durable, la filière du gaz de schistes doit être délaissée au profit par exemple d'une intensification du soutien à la géothermie (bien au-delà de l'usage domestique), combinée à un ensemble d'autres stratégies «vertes» comme celle des biogaz, une forme de gaz naturel qui règle des problèmes environnementaux plutôt que d'en poser.
Jumelées entre autres à la serriculture (dans une perspective de souveraineté alimentaire), à l'efficacité énergétique et à une production d'énergie gérée par les communauté locales, ce sont les énergies vertes qu'il faut privilégier, à l'instar de plusieurs pays européens nordiques qui en ont montré la viabilité. Investissons plutôt dans le développement de filières alternatives: elles sont diverses et prometteuses. Nous pourrions être novateurs, comme on sait si bien le faire dans d'autres domaines au Québec. Qu'attendons-nous pour devenir un pays modèle et d'avant-garde? Pourquoi vendre le Québec aux colonisateurs économiques?
La planète s'échauffe et se met en tempêtes. L'exploitation des gaz de schistes fait reculer les objectifs du Québec en matière de développement durable. Les citoyens informés l'ont déjà compris et s'en inquiètent vivement. Un mouvement de résistance s'est amorcé. Comme dans le cas des porcheries industrielles, du projet de centrale au gaz du Suroît ou de la mine d'uranium à Sept-Îles... On observe le même scénario, la même dynamique malsaine d'un certain pouvoir politico-économique. Voilà un trop lourd fardeau sur le dos des citoyens pour contrer les dérives de décideurs si mal éclairés.
Vidéo de Hubert Reeves et David Suzuki, avec Laure Waridel tourné en 2005 par RapideBlanc.
Sunday, 14 March 2010
Why we winter our bees outside -- by Noëlle De Roo Lemos (Madame Miel)
As I told you previously, our colonies winter outside, carefully wrapped for protection. This technique, unlike the rest of Canada, is somehow not too popular in Quebec.. But it works for them, and for us. First of all, leaving the bees outside is practically time and cost free. No need to transport them inside, no need for investments in ventilation and refrigeration. Secondly, their spring development is quicker. As daylight increases, queen bees start laying eggs sooner. And we think wintering outside makes them generally stronger. We like them to venture out, sun and weather permitting, to cleanse their guts. The snow around the hives is sprinkled with little yellow dots. Bee poop. It's charming, and good for them.
But even if colonies thrive through winter, they may still die before summer. Spring is a crucial time for bees. All sorts of ailments may potentially affect them; they can die from a shortage of honey, from lack of brood due to inefficient or absent queens. This is why, as soon as the temperature rises to 15° C (around 60°F) beekeepers have to check the hive and take quick action.As I step backwards to enjoy the scenery, a small bee alights on the zipper of my yellow anorak. She slowly climbs, leaving behind four little yellow droppings. She carefully cleans her back legs before flying away. Absorbed watching my visitor, I hardly noticed that her partners have flocked outside -- in a burst of life! There is excitement in the air. Lilliputian dancers start performing a ballet, to the rhythm of their buzzing song: "The Rite of Spring". My day is made!
Wednesday, 10 March 2010
Notes d'Acadie, post-Copenhague -- par Sylvie van Brabant
Cet extrait de son blogue sur Parole citoyenne est publié avec la permission de l'auteure, dont le documentaire Visionnaires planetaires / Earthkeepers: a Survival Guide for a Planet in Peril (82 min) qui a déjà gagné plein de prix, sortira à la fin du mois en DVD. Je le recommande à tous: pour ses visuels, pour son tour du monde écolo, pour son commentaire rap, pour sa belle trame musicale et pour l'espoir qu'il nous donne. Entre autres, on y voit le jeune militant québécois Mikael Rioux, le sage Christian de Laet, des éco-practiciens d'Alternative Development aux Indes, la «nouvelle alchimie» de la purification naturelle de John et Nancy Todd, le Suédois Karl-Henrik Robèrt (philosophe de l'Étape Naturelle), enfin la bouillante Wangari Maathai, Prix Nobel de la paix et fondatrice du Green Belt Movement au Kenya. La réalisatrice Sylvie van Brabant, originaire de St Paul en Alberta, nous a donné un bonne douzaine de films. Son prochain portera sur les choix énergiques; il s'intitule Québec au courant. Elle s'engage aussi dans un campagne de relancement éco post-Copenhague.*****
3 mars 2010. Hier, jour de tempête en Acadie. Je ne suis pas chanceuse, la dernière fois que je suis venue présenter un film à Moncton il y avait eu la tempête du siècle et la projection avait été annulée. Hier soir une quinzaine de personnes ont bravé la tempête pour venir voir Visionnaires planétaires à l’Université de Moncton. Le projecteur du E Cinéma à même lâché, mais heureusement, j’avais une copie DVD du film dans mon sac. Ce n’était pas du HD mais au moins les gens ne sont pas repartis bredouille.
L’auditoire comprenait bien la lutte de Mikael [Rioux] pour la Trois-Pistoles et m’a fait découvrir un des gros dossiers environnementaux du coin, la rivière Petitcodiac. Ça fait 20 ans qu’un groupe de citoyens se bat pour retrouver leur rivière, des centaines de rapports ont été rédigés à travers les années. Le groupe a fini par gagner ; ce printemps, les vannes vont s’ouvrir et la rivière va retrouver son lit pour remplacer ce ruisseau brun qui me paraissait assez nauséabond lorsque je l’ai traversé en rentrant à Moncton.
Un spectateur nous a parlé d’un nouveau rapport sorti ces derniers jours qui signalerait le danger des réacteurs CANDU. Vendu à la population sous le signe de la sécurité absolue, ils ne seraient pas plus sécuritaires que Tchernobyl et le gouvernement nous aurait en plus caché des choses. On sentait la colère et il se demandait comment arriver à cet équilibre entre la colère et l’espoir. La grande question de la soirée : pourquoi les gens ne réagissent pas aux abus corporatifs. ? Pourquoi la population abdique son pouvoir aux gouvernements, préférant demeurer impuissante devant des décisions prises en son nom.
Cette question me hante. Des batailles ont été longuement menées pour gagner nos droits et notre sécurité. L’état providence nous offre maintenant son grand filet de sécurité. Est-ce que nous serions devenu comme des enfants, laissant les Grands décider de notre sort ? Je pose la question, je n’ai pas de réponse. Présentement je lis Changer le monde de Chico Whitaker, le cofondateur du Forum Social Mondial. J’apprécie les principes du FSM et leur décision de ne pas être directif, de ne pas sortir un document final à la fin de chaque forum, de tenter de faire autrement. Le FSM est un espace ouvert, s’appuyant sur la non-directivité et encourageant l’auto-organisation et l’autogestion. Une espace de discussion se voulant horizontal, invitant la diversité et le pluralisme. Whitaker évoque une nécessaire transformation personnelle. Nous ne pouvons pas rêver de changer la société si nous n’avons pas d’abord examiner notre propre cour.
Je suis maintenant à l’aéroport et j’ai hésité devant le marchand de poissons, un petit homard pour le retour, des huîtres ? Je ne pouvais pas m’empêcher de penser à ce spectateur de Caraquet qui évoquait la surpêche et la mer qui se vide. Je le sais trop bien, j’ai lu les rapports du PNUE en cette année de la biodiversité. Alors j’ai opté pour trois livres et deux revues, de quoi nourrir mes réflexions. Un livre sur l’ascension du dieu argent, un autre sur le capitalisme qui crée à la fois la faim dans le monde et l’obésité. Je sens pointer à l’horizon des nouveaux sujets de film. Par contre, à voyager comme je le fais, je vais avoir une grosse facture en compensation de carbone cet année. Carbone Boréal pourra planter des arbres en mon nom, de quoi compenser mes voyages et mes lectures.
Ta fidèle chroniqueuse qui rêve à un monde durable.
Tuesday, 9 March 2010
February, in the honey house -- by Noëlle De Roo Lemos (Madame Miel)
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This weekend I decided to have a look at the honey house. It's February. The bees are sleeping in the beehives outside. They bravely face the cold in the warmth of their cluster. A few are lying dead on the snow. They were unable to resist a little outing on an unusually warm day.The empty honey house still smells beautifully... of wax and of flower scents from last summer's honey.
Curiously enough, at the very same time, a friend who helped construct our cottage ten years ago, sends me this email: "When revising your plans with the Company, we used your name for the honey extraction room: 'Honey Room'. The men working on the plans had great laughs with us. To them 'honey room' meant a room of love: a boudoir."
Coincidences, words, smells, feelings intertwine -- like this little winter honeymoon in the honey room.
Monday, 3 August 2009
Bois de déstruction - Greenpeace
Dix ans après le film-choc L'erreur boréale du Richard Desjardins, le Québec tarde encore une réforme urgent du domaine forestier. Il y a cinq ans déjà, le rapport Coulombe posait 81 recommandations, dont aucune n'est encore réalisée.Selon Greenpeace, le projet de loi actuel (Bill 57) entraînerait la disparition des dernières forêts intactes du Québec. Moins de 5% de la forêt boréale commerciale est actuellement protégée et Québec n’a toujours pas démontré sa volonté de préserver les secteurs forestiers les plus menacés.
Le 27 juillet, seize activistes se sont enchaînés aux portes du Ministère des Ressources naturelles et de la faune (dont la contradiction entre exploitation et conservation saute aux yeux). Tous étaient arrêtés, mais la ministre leur a finalement accordé une entrevue.
Les demandes de Greenpeace:
Inclure la création d’une stratégie de sauvegarde de nos dernières forêts intactes conjointement avec le Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, dans une section de la Loi dédiée spécifiquement à la création d’aires protégées. Actuellement aucune section ne traite de la création d’aires protégées dans le projet de loi. [nb : jusqu'ici l'exploitation l'a toujours emporté sur les lois environnementaux]
Adopter la principale recommandation de la Commission Coulombe qui visait à mettre réellement en place l’aménagement écosystémique au coeur de la gestion forestière québécoise. Actuellement le thème « aménagement écosystémique » n’apparait pas dans le projet de loi.
Donner comme mandat au Forestier en chef de maintenir une marge de manoeuvre pour la conservation dans ses calculs de possibilité forestière. Actuellement le Forestier en chef a pour mandat de maintenir ou d’optimiser la possibilité forestière et représente donc un frein majeur à la protection des forêts intactes.
La riposte n'a pas tardé. Le 1 août, le Conseil de l'industrie forestière du Québec menace une grève d'investissement si la ministre cède aux écolos. C'est l'ancien ministre Guy Chevrette (PQ), devenu PDQ du Conseil, qui donne interview au Gazette anglophone, signe s'il en est une de la porte tournante qui existe entre gouvernements et lobbys corporatifs. Son remplaçant au Ministère, le dentiste Pierre Corbeil (Lib), a trouvé la reforme forestière plus difficile qu'arracher les dents. Il ne s'est fait reélire qu'en promettant un gros soutien financier aux compagnies. L'actuelle ministre Nathalie Normandeau ne pèse pas lourd dans le cabinet de Jean Charest, dont le Plan Nord, soi-disant protéger la moitié du territoire boréal, annonce au fait la déstruction du reste.
Voir le plan Nord en version officielle et son analyse critique. Bilan de la politique forestière par Richard Desjardins d'Action boréale au Devoir 10 juin 2009 : « Dix ans après ».


